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La lettrie

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Lectures et dialogue des cultures


Jonny Wilkinson, Mémoires d’un Perfectionniste

Publié par philippe sur 13 Septembre 2015, 11:27am

Catégories : #Adopte un Livre : notes de lecture

Jonny Wilkinson, Mémoires d’un Perfectionniste

Wilko, un monstre sacré, un dieu, un monument, un modèle, une star : choisissez le qualificatif que vous voulez. Il est l’un des plus grands joueurs de rugby.

La page de garde dit : « Jonny Wilkinson a exercé son droit d’être reconnu en tant qu’auteur de cet ouvrage » ; on comprend donc que Wilkinson a raconté et quelqu’un a écrit pour lui. Ce n’est pas grave (sauf pour celui qui accepte que son nom ne figure à aucun endroit de l’ouvrage), il ne concoure pas pour le Goncourt. Le récit est d’ailleurs un peu long et répétitif.

Moi qui apprécie beaucoup ce joueur, la lecture de cette autobiographie m’a laissé une impression étrange, mitigée, bizarre.

Jonny Wilkinson, Mémoires d’un Perfectionniste

Un fou de rugby

Wilkinson s’entraîne des heures, il multiplie les temps de travail, d’entraînement, de kiné aussi, par 2 ou 3. Il analyse ses matches dans un cahier. Il a le rugby dans le sang, dans la peau, il vit, mange, dort rugby.

On peut constater aussi à quel point le joueur a subi d’ennuis physiques : il a connu une cascade absolument impressionnante de blessures, parfois très graves, d’arrêts parfois longs, de moments de réelle dépression. Il a eu beaucoup de malchance, sur ce point.

Mais on comprend, et il l’admet vers la fin du livre, que c’est en partie de sa faute.

Sur le terrain, je suis si déterminé, si excité et tellement grande gueule que j’y laisse des plumes. Je ne suis pas vraiment conscient de ce que je fais, et d’ailleurs, je m’en veux un peu après les matches, d’avoir un tel comportement envers mes adversaires. Je n’arrive pourtant pas à calmer cette ardeur nouvelle. Mes crises d’angoisse avant les matches atteignent leur point culminant. Et quand elles me surprennent en plein match, je deviens grossier, agressif, désagréable.

On découvre en effet un homme profondément complexé, qui doute constamment. Il a très vite voulu devenir LE meilleur n° 10 du monde ovale : donc… entraînements infinis, implication démesurée sur le terrain, caramels un peu trop violents, conseils des médecins négligés, convalescences sabordées. Son corps n’a pas pu tout encaisser.

Dans le bouquin, il revient de nombreuses fois sur ses crises d’angoisse : crises d’avant matches, même en fin de carrière, durant lesquelles il est obligé d’appeler son père ou ses coaches personnels ; crises d’après match s’il a connu la défaite ou s’il a raté ne serait-ce qu’un drop.

Sa timidité, sa réserve, également, surtout en équipe d’Angleterre, l’ont fait se sentir souvent décalé ou rejeté.

Les pages qui portent sur sa présence au sein du XV de la Rose sont d’ailleurs intéressantes, surtout pour quelqu’un comme moi qui, jusqu’à ce qu’il arrive à Toulon, n’a vu Jonny Wilkinson que dans les matches de sa sélection nationale. En début de carrière, il ne se sentait pas accepté ; en fin de carrière, il avait l’impression de déranger et que le XV jouait mieux sans lui…

On découvre donc un homme très complexe et perturbé, un fou de rugby.

Ses relations avec la presse a également été conflictuelle. Son récit et son analyse de la demi finale de la coupe du monde de 2003, gagnée contre la France, sont aussi éclairants.

Pour flatter notre cocorico, on voit enfin que Jonny Wilkinson a beaucoup apprécié de jouer à Toulon (même si la 1ère rencontre a été désastreuse et, je dois dire, assez surprenante par la façon de se comporter de la direction de ce club). Sa carrière s’est relancée et il y a vécu de belles années, entouré de joueurs d’exception.

Un livre et un joueur étonnants.

Jonny Wilkinson, Mémoires d’un Perfectionniste, Lattès, 2013 (J’ai Lu, 2014, même couverture que l'édition anglaise). Traduit par Olivier Villepreux (quelqu'un pourrait-il me dire s'il est de la famille de Jean Pierre Villepreux ?...)

Edition originale : My Autobiography, 2011

... Et bonne Coupe du Monde à tous !

Commenter cet article

Fonbaustier 23/09/2015 13:53

Ce qui est sûr, c'est qu'avec Wilkinson, je ne me suis jamais rasé, bien qu'il ne soit pas mon type de joueur !

philippe 23/09/2015 15:06

Petit Garnement ! Mon Ch'tit goujon frétillant ! Tu préfères qui, alors ?...

Mimi 13/09/2015 13:17

Pas fan de rugby, ni de foot d'ailleurs...

philippe 13/09/2015 21:00

Hi hi hi...

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