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La lettrie

La lettrie

Lectures et dialogue des cultures


Une Infinie Bibliothèque

Publié par philippe sur 22 Juin 2015, 17:56pm

Catégories : #Adopte un Livre : notes de lecture

Une Infinie Bibliothèque

Hermann Hesse, Une Bibliothèque Idéale

Un petit ouvrage publié en 2003 en Allemagne, en 2010 aux éditions Payot et Rivages.

J’ai beaucoup côtoyé l’écrivain allemand Hermann Hesse, comme pas mal de gens, vers 18 – 25 ans. Mais c’est une belle découverte que ce recueil d’articles (merci Laurent) parus entre 1907 et 1945. Il témoigne de ce que peut être la puissance de l’esprit et de la force que l’auteur attribuait à l’art.

Une curiosité universelle

Le titre original reprend celui du premier article de l’ouvrage : eine Bibliothek der Weltlitteratur, une bibliothèque (de la littérature) du monde entier. Il met davantage en relief que le titre français l’intérêt que marque Hermann Hesse pour l’art et les œuvres de toute l’histoire humaine (« nous établirons alors un rapport stimulant et harmonieux avec l’ensemble de l’humanité »), à toutes les époques, sur tous les continents : « de la Chine à la Russie, de l’Antiquité la plus reculée, nous avons fouillé dans les littératures de nombreux peuples pour découvrir quantité de livres dignes de notre amour et de notre admiration. » Pas de repli identitaire possible lorsqu ‘on s’ouvre aux œuvres de l’esprit, pour cet homme qui a refusé le nazisme.

Une bibliothèque infinie

« C’est un bonheur que de se constituer progressivement une belle petite bibliothèque avec des moyens modestes en bravant toutes les difficultés ; c’est un sport passionnant ». Plus proche du titre choisi par l’éditeur, on voit chez Hesse la volonté de tout connaître, de tout posséder, de tout « avoir » autour et surtout en soi. Même s’il s’applique à sélectionner, choisir (lego…), ne pas tout accumuler, amonceler, on relève parfois quelques accents borgésiens : « je pourrais me perdre pendant des siècles dans l’univers des livres, dans les salles de ce temple, dans ses dédales, ses cavernes et ses océans, sans le voir se rétrécir d’un pouce. »

Le sanctuaire de l’esprit

Hesse montre aussi une grande modestie et se fait de ci de là moraliste : « avant de mesurer les chefs-d’œuvre à notre aune, il nous appartient d’abord de nous mesurer à eux ». Il exprime ainsi une haute idée de la littérature : « la lecture n’est pas une "distraction", en aucun cas, mais une concentration. Son rôle n’est pas d’entretenir des illusions sur une existence absurde, de nous étourdir par des réconforts fictifs. Elle doit au contraire nous aider à donner à notre vie un sens toujours plus élevé, toujours plus entier. » Idée qu’on retrouve dans plusieurs articles. Il oppose ainsi la littérature aux écrits de circonstances : « les journaux et les livres d’actualité ne permettent pas d’apprendre à lire, au sens le plus élevé du terme : c’est l’apanage des chefs-d’œuvre ». Les grandes œuvres sont « le sanctuaire de l’esprit ». Il faut accepter d’y entrer.

La 4ème de couverture nous offre cette belle citation de Kurt Tucholsky : « qui aura vraiment lu les livres que Hermann Hesse suggère pourra dire qu’il a fait quelque chose. »

Un livre profond.

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